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Habitudes saines

Reprendre le fil après un faux pas (sans partir en vrille)

Une séance manquée, une semaine à côté, un mois entier envolé. Le faux pas n'est jamais vraiment le problème. Ce qui se passe dans votre tête juste après, si. Voici comment repartir sans la culpabilité qui vous maintient à terre.

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Fleur aux pétales jaunes

Photo de Ekaterina Kasimova sur Unsplash

Vous aviez prévu d'aller courir. Vous n'y êtes pas allé. Puis un jour de pause en est devenu trois, et quelque part dans tout ça, la série dont vous étiez fier s'est éteinte en silence. Maintenant, il y a cette voix familière. Celle qui dit que vous avez tout raté, que vous faites toujours ça, alors à quoi bon.

Cette voix est le vrai problème. Pas la course manquée. La course manquée, ce n'était rien.

Tout le monde flanche. La vie devient bruyante, vous tombez malade, vous voyagez, quelque chose de difficile s'abat sur vous, et la nouvelle habitude est la première chose qui saute. Ce n'est pas une faille en vous. C'est ce que font les habitudes sous pression. Les personnes qui tiennent leurs habitudes sur la durée ne sont pas celles qui ne manquent jamais un jour. Ce sont celles qui reprennent plus vite après coup.

Ce n'est pas le faux pas qui vous fait sombrer

Il y a un piège discret qui attrape presque tout le monde. Vous rompez une série, vous avez l'impression d'avoir déjà échoué, et vous pensez : « bon, c'est raté maintenant », alors vous laissez tomber pendant un moment. Un jour sauté devient une semaine sautée. Un seul biscuit devient le paquet entier. Le faux pas en lui-même était minime. C'est l'histoire que vous vous êtes racontée qui a fait le mal.

James Clear, qui écrit sur les habitudes, le dit clairement : manquer une fois est un accident, manquer deux fois est le début d'une nouvelle habitude. La première erreur ne ruine presque jamais rien. C'est l'engrenage des erreurs répétées qui suit qui fait des dégâts. La vraie compétence n'est donc pas d'être parfait. C'est de se rattraper après un seul manquement, et de ne pas le laisser en devenir deux.

Une règle simple aide ici : ne manquez jamais deux fois. Manquez un jour, ce n'est pas grave. Ne manquez simplement pas le suivant. Vous n'avez pas besoin d'être irréprochable. Vous avez seulement besoin de refuser qu'un mauvais jour devienne discrètement votre nouvelle norme.

Soyez plus indulgent avec vous-même que ce qui vous semble naturel

Le réflexe après un faux pas, c'est d'être dur avec soi-même. Se fouetter, culpabiliser, se servir de la honte comme carburant. Ça donne l'impression d'être responsable. Le plus souvent, ça se retourne contre vous.

Des chercheurs se sont penchés exactement sur cette question. Dans une étude menée auprès de personnes visant un objectif de perte de poids, celles qui répondaient à un faux pas par de l'autocompassion plutôt que par de l'autocritique disaient avoir plus confiance dans leur capacité à continuer, une intention plus forte de persévérer, et des sentiments moins durs envers ce contretemps. Ce qui a fait la différence, c'est moins de culpabilité. Quand la culpabilité baissait, la détermination revenait.

Cela correspond à la façon dont l'autocompassion fonctionne. La chercheuse Kristin Neff la décrit en trois gestes simples : être bienveillant envers soi-même plutôt que sévère, se rappeler que tout le monde traverse des difficultés et que vous n'êtes pas seul dans votre cas, et remarquer la difficulté sans vous y noyer. Ça peut sembler mou. C'est en fait la façon la plus efficace de vous remettre en mouvement, parce que la honte donne envie de se cacher, et qu'on ne peut pas relancer une habitude depuis sa cachette.

Essayez de vous parler comme vous parleriez à un bon ami qui a flanché. Vous ne diriez pas à un ami qu'il est un cas perdu. Vous lui diriez que ce n'est rien, que ça arrive, qu'on reprend dès demain. Vous méritez la même voix.

Une façon simple de s'y remettre

Quand vous êtes prêt à reprendre, rendez-le presque ridiculement facile. Le but est de rompre le charme, pas de rattraper le temps perdu.

  1. Réduisez la prochaine étape jusqu'à la rendre minuscule. Pas une séance de sport complète, juste enfiler vos chaussures et marcher jusqu'au coin de la rue. Pas une journée d'alimentation parfaite, juste un bon petit-déjeuner. Un pas assez petit pour que vous ne puissiez pas vous en dissuader.
  2. Faites-le aujourd'hui, pas lundi. Attendre un nouveau départ prolonge le faux pas. La prochaine occasion, c'est dans l'heure qui vient, pas la semaine prochaine.
  3. N'essayez pas de « compenser » l'écart. Vous ne pouvez pas rattraper les jours manqués en vous punissant avec le double maintenant. Ça ne fait que transformer l'habitude en dette. Reprenez là où vous êtes, et avancez.
  4. Observez, avec douceur, ce qui vous a fait trébucher. Pas pour vous blâmer, mais pour anticiper. Était-ce la fatigue, le manque de temps, une ambition trop grande ? Une version plus modeste et plus tolérante de l'habitude est plus facile à tenir quand la vie redevient difficile.

Tout l'enjeu, c'est d'inscrire une première victoire facile au tableau. L'élan ne vient pas d'un grand redémarrage. Il vient d'une seule petite action qui vous dit que vous êtes toujours dans la course.

Et si le faux pas cachait quelque chose de plus grand ?

Parfois, « je n'arrête pas de flancher » cache en réalité quelque chose de plus profond. Si vous êtes si épuisé que vous ne pouvez maintenir aucune routine, si la pensée du tout ou rien déborde sur la façon dont vous vous voyez comme personne, ou si chaque contretemps vous fait plonger dans un vrai coup de mou, cela mérite d'être pris au sérieux, et cela dépasse le simple conseil sur les habitudes.

Un médecin ou un thérapeute peut vous aider à démêler si ce qui vous freine est simplement une vie chargée, ou quelque chose comme une baisse de moral, un épuisement, ou une anxiété qui mérite d'être pris en charge pour elle-même. Demander de l'aide dans ce cas n'est pas le signe d'un manque de volonté. C'est une décision intelligente, et une décision bienveillante.

Pour aujourd'hui, cependant, vous n'avez pas besoin d'un tout nouveau plan. Vous avez juste besoin de ne pas manquer deux fois. Enfilez vos chaussures. Mangez ce bon petit-déjeuner. Faites ce seul petit pas qui vous prouve que le faux pas était un faux pas, pas la fin. Vous êtes toujours là, et c'est tout ce qu'il faut pour recommencer.

Sources

  1. British Journal of Health Psychology (via PMC), Does self-compassion help to deal with dietary lapses among overweight and obese adults who pursue weight-loss goals?
  2. James Clear, Avoid the Second Mistake
  3. Kristin Neff, Self-Compassion, What Is Self-Compassion?

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