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Habitudes saines

La règle des deux jours : pourquoi il est normal de manquer une fois

La plupart des habitudes ne meurent pas à cause d'un seul jour manqué. Elles meurent de la spirale qui s'ensuit. La règle des deux jours est un petit garde-fou indulgent qui vous permet de flancher sans abandonner.

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Un homme et une femme dans une cuisine

Photo de Vitaly Gariev sur Unsplash

Vous vous étiez promis de marcher tous les matins. Puis une mauvaise nuit, une réunion tôt le matin, un enfant malade, et voilà qu'il est midi et la marche n'a pas eu lieu. En soi, ce n'est rien. Le problème, c'est ce que votre cerveau vous souffle ensuite : bon, cette fois c'est raté. Et ce genre de pensée a le don de transformer une marche manquée en une semaine entière, puis en un abandon silencieux de toute l'idée.

La règle des deux jours est une petite assurance contre exactement ça. Voici le principe : ne jamais manquer deux fois de suite. Manquer une fois, ce n'est rien, la vie s'en mêle parfois. Simplement, ne laissez pas le lendemain être manqué aussi. Un jour manqué, c'est une exception. Deux jours manqués commencent à ressembler à la nouvelle norme.

Pourquoi un seul jour ne compte-t-il pas vraiment ?

Il y a une science rassurante derrière tout ça. Une étude de l'University College London a suivi des personnes en train de former des habitudes quotidiennes, et a constaté qu'il fallait en moyenne environ 66 jours pour qu'un comportement devienne automatique, avec de grandes variations d'une personne à l'autre. Tout aussi important, les chercheurs ont observé que l'automatisme se construit progressivement, répétition après répétition. Ce n'est pas une série fragile qui se brise au moindre accroc. Les progrès déjà accomplis ne disparaissent pas à cause d'une seule mauvaise journée.

Cela compte, parce que beaucoup d'entre nous traitent leurs habitudes comme une chaîne en papier, où une seule déchirure gâche tout. Elles ressemblent plutôt à un sentier tracé dans l'herbe. Un jour où vous ne l'empruntez pas, le sentier est encore là le lendemain. Arrêtez de l'emprunter pendant des semaines, et l'herbe repousse peu à peu. La leçon n'est pas d'être parfait. C'est de revenir avant que le sentier ne s'efface.

Le piège que cette règle permet d'éviter

Les psychologues ont un nom bien direct pour la spirale qui suit un faux pas. C'est le piège du tout ou rien, et ça donne à peu près ça : j'ai déjà raté aujourd'hui, alors la semaine est fichue, je repartirai à zéro lundi. Cette logique semble raisonnable sur le moment, mais elle est discrètement destructrice, parce que lundi n'arrive jamais vraiment.

Les conseils de la Mayo Clinic pour ancrer une habitude rejoignent cette idée, mais dans l'autre sens. Ils soulignent que ce sont les objectifs rigides, tout ou rien, que l'on finit par abandonner, et que c'est la souplesse qui garde une habitude en vie. Faire ce que l'on peut, même quand ce n'est pas ce qu'on avait prévu, ça compte quand même comme de la constance. Un faux pas, précisent-ils, c'est quelque chose que presque tout le monde connaît un jour. Le vrai savoir-faire n'est pas d'éviter les faux pas. C'est de s'en relever vite.

La règle des deux jours donne à cette reprise un déclencheur clair. Pas besoin de négocier avec vous-même ni d'attendre un regain de motivation. La consigne est simple : hier j'ai manqué, donc aujourd'hui je me présente, même dans la plus petite version possible.

Comment l'appliquer sans trop y réfléchir ?

Quelques façons de la mettre en pratique :

  1. Définissez votre plus petite version acceptable. Si la marche ne peut pas avoir lieu, quelle est la version de deux minutes qui compte quand même ? Un tour du pâté de maisons. Cinq squats. Une page lue. Le niveau d'exigence d'un jour de reprise doit être presque ridiculement bas, parce que se présenter, c'est déjà tout l'objectif.
  2. Suivez-le sans rigueur. Une simple croix sur un calendrier ou une note sur votre téléphone suffit. Vous ne cherchez pas une rangée parfaite de coches. Vous vous assurez juste que deux cases vides ne se retrouvent jamais côte à côte.
  3. Préparez le rebond avant d'en avoir besoin. Décidez dès maintenant à quoi ressemblera demain après un jour manqué. Connaître le geste à l'avance vous évite d'avoir à puiser dans votre volonté au pire moment.
  4. Laissez tomber la culpabilité. Les recherches sur le changement de comportement montrent sans cesse que les personnes qui s'autorisent un faux pas de temps en temps tiennent leurs habitudes plus longtemps que les perfectionnistes. La motivation par l'encouragement dure plus longtemps que la motivation par la honte. Parlez-vous comme vous parleriez à un ami qui a manqué une journée. Vous lui diriez que ce n'est rien et qu'il faut recommencer demain. C'est valable pour vous aussi.

Et si les faux pas s'accumulent ?

Si vous remarquez que vous manquez bien plus souvent que vous n'y arrivez, ou que commencer quoi que ce soit semble impossiblement lourd pendant des semaines, cela mérite votre attention. Parfois, une habitude qui ne prend pas n'est pas un problème de discipline. Un manque d'énergie, une humeur morne, ou l'impression de ne plus pouvoir faire ce que vous faisiez avant peuvent être des signes que quelque chose de plus profond, comme une dépression, mérite d'être pris en charge. Un médecin ou un thérapeute peut aider à comprendre ce qui se passe, et demander ce soutien, c'est aussi une façon de se présenter.

Pour les faux pas du quotidien, en revanche, la règle des deux jours est une chose douce et durable à laquelle se tenir. Vous manquerez des jours. Tout le monde en manque. Le seul jour qui compte vraiment, c'est celui d'après.

Sources

  1. University College London, Combien de temps faut-il pour former une habitude ?
  2. Mayo Clinic Press, Qu'est-ce qui fait qu'une habitude s'installe ?
  3. CDC, 3 étapes pour construire une habitude saine

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