Conseils express
- Choisis un jeu auquel tu jouerais par plaisir, pas par devoir.
- Amène un ami pour que ça devienne un plan.
- Programme une partie ou un cours fixe chaque semaine.
Repense à tes huit ans. Tu ne planifiais pas l'exercice. Tu courais parce que quelqu'un te poursuivait, tu grimpais parce que l'arbre était là, tu restais dehors jusqu'à ce que les lampadaires s'allument parce que l'idée d'arrêter ne t'effleurait jamais. Le mouvement n'était pas une tâche. C'était simplement ce dont une journée était faite.
Puis on grandit, et le mouvement se voit rétrogradé au rang de ligne sur une liste. Quelque chose à suivre, à optimiser, à culpabiliser. Le mot *entraînement* a même du travail dedans, dans bien des langues. Pas étonnant que tant d'entre nous n'arrivent pas à tenir bon. Nous avons transformé l'une des choses les plus naturelles que fait un corps humain en devoir à la maison.
Et si tu n'y étais pas obligé ?
Le jeu compte. Il compte vraiment.
Ton cœur ne connaît pas la différence entre un tapis de course et une partie de chat. Il sait que tu travailles. Une partie de basket énergique, une heure dans la piscine, une longue balade à vélo vers nulle part en particulier, une piste de danse que tu ne peux pas quitter : tout cela élève ton rythme cardiaque, renforce ta force et brûle de l'énergie tout comme le fait la salle de sport. Souvent davantage, parce que tu oublies de regarder l'horloge.
Les recommandations officielles d'activité physique pour les adultes conseillent environ 150 minutes d'activité modérée par semaine, et elles ne disent pas que ça doit être misérable. Les loisirs, les sports et le jeu actif comptent tous dans ce total. La natation, la randonnée, taper dans un ballon avec tes enfants, une partie improvisée, voire une soirée de danse endiablée. Si ça fait monter ton cœur et bouger ton corps, ton corps l'enregistre de la même façon.
Il y a un avantage discret caché là-dedans. Le CDC note que l'un des vrais bénéfices de rester actif est la possibilité de faire des choses que tu aimes vraiment et de passer du temps avec des gens. L'activité que tu attends avec impatience est celle vers laquelle tu reviendras. Et revenir, semaine après semaine, c'est tout l'enjeu. Un programme parfait que tu abandonnes en mars te fait moins de bien qu'une maladroite partie de badminton à laquelle tu joueras encore en octobre.
Ce que le jeu fait pour ton esprit
C'est ici que le jeu gagne sa place sur un site de santé mentale. Le mouvement, de quelque sorte qu'il soit, est l'un des remontants d'humeur les plus fiables que nous ayons. Le CDC rapporte qu'une seule séance d'activité modérée à intense peut réduire les sentiments d'anxiété ce jour-là même, aiguiser ta pensée et t'aider à mieux dormir cette nuit-là. Avec le temps, rester actif abaisse le risque de dépression et aide à protéger le cerveau à mesure que tu vieillis.
Le jeu ajoute quelque chose de plus par-dessus tout cela. Il est absorbant. Quand tu es concentré sur le ballon, le rythme, le prochain mouvement, la part inquiète de ton esprit se tait enfin. Cette pause loin de la rumination est un remède en soi. Et la plupart des jeux sont sociaux, ce qui compte plus qu'on ne l'admet. Un sondage national de l'American Psychiatric Association a trouvé que 83 pour cent des adultes qui pratiquent un sport disent que cela profite à leur santé mentale, le fait de faire partie d'une équipe étant nommé comme l'une des principales raisons.
Tu obtiens le mouvement et le lien dans la même heure. Peu de choses te donnent les deux.
Trouver ta version du jeu
Tout le monde n'a pas envie de rejoindre une ligue, et tu n'es pas obligé. Le jeu, c'est tout ce qui te fait perdre la notion du temps pendant que tu bouges. L'idée est de trouver le tien, pas d'emprunter celui d'un autre.
Quelques directions où vagabonder :
- Tout ce qui a un ballon. Basket, foot, tennis, ping-pong, une partie de balle décontractée. Le jeu te soutire l'effort sans le demander.
- L'eau. La natation, l'aquagym, ou simplement s'amuser dans une piscine. Doux pour les articulations, difficile à faire en grise mine.
- La danse. Un cours, un salon, un mariage. Peu d'activités font monter ton rythme cardiaque tout en te faisant sourire en même temps.
- Le plein air. Randonnée, pagaie, vélo, escalade. La nature ajoute son propre effet apaisant par-dessus le mouvement.
- Tout ce qui implique des enfants ou un chien. Ce sont des machines à jouer infatigables. Laisse-les donner le rythme et tu seras épuisé avant de t'en rendre compte.
- Les jeux de groupe. Frisbee, volley, une ligue de loisir. L'attraction sociale te fait franchir la porte les jours où la seule motivation n'y arriverait pas.
Remarque ce qui te paraît vraiment amusant, pas ce qui paraît impressionnant. L'amusement est à la fois le but et la stratégie.
Comment ramener le jeu dans une vie d'adulte
C'est un peu gênant au début. Le jeu peut sembler quelque chose pour quoi tu es trop vieux ou trop occupé. Tu ne l'es pas. Voici comment t'y remettre en douceur.
- Commence par ce que tu aimais autrefois. Y avait-il un sport, un jeu, une danse qui te faisait briller ? Commence là. Le corps se souvient, et l'étincelle revient plus vite que tu ne le penserais.
- Abaisse les enjeux complètement. Tu ne passes pas d'audition pour quoi que ce soit. Mal jouer est une parfaitement bonne façon de jouer. La compétence vient du fait de se présenter, et se présenter vient du fait de ne pas le redouter.
- Amène quelqu'un. Le mouvement avec un ami ou ta famille cesse d'être une corvée et devient un plan que tu détesterais annuler. L'engagement envers une autre personne te porte les jours sans entrain.
- Mets-le au calendrier comme si ça comptait. Une partie du samedi établie ou un cours de danse du mardi devient une chose que tu fais, pas une chose à laquelle tu finiras par t'attaquer. Le rythme l'emporte sur la motivation à tous les coups.
- Laisse-le suffire. Tu n'as pas à le consigner, à le noter, ni à atteindre un chiffre. Si tu as bougé et que tu y as pris plaisir, ça a marché. Cette permission est ce qui fait revenir les gens pendant des années.
Une note douce et honnête
Le jeu, c'est du mouvement, et le mouvement demande quelque chose à ton corps. Si tu es resté surtout immobile longtemps, ou si tu as un problème cardiaque, des soucis d'articulations, si tu es enceinte, ou quoi que ce soit qui te fasse hésiter, vérifie auprès de ton médecin avant de te jeter dans une partie intense. Échauffe-toi un peu. Augmente l'intensité progressivement plutôt que de tout donner dès le premier jour. Choisis la version qui convient au corps que tu as maintenant, et adapte librement. Il n'y a aucun prix à gagner en passant outre une douleur qui te dit d'arrêter.
Et si le mouvement, sous quelque forme que ce soit, te paraît impossible en ce moment, si la lourdeur que tu portes est plus que de la fatigue, cela mérite d'en parler à un professionnel. Le jeu n'est pas un remède à tout, et il n'a jamais été censé l'être.
Pour beaucoup d'entre nous, pourtant, le problème n'a jamais été qu'on déteste bouger. C'est qu'on a oublié que ça pouvait faire du bien. L'enfant de huit ans qui courait pour la joie de courir est toujours là. Donne-lui un ballon, une piscine, une piste de danse, un terrain dégagé. Vois ce qui se passe.
Sources
- CDC, Benefits of Physical Activity
- CDC, Health Benefits of Physical Activity for Adults
- American Psychiatric Association, Americans, Psychiatrists Agree: Sports Can Be Good for Mental Health