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Bien manger

Bien s'hydrater sans en faire toute une histoire

Bien s'hydrater sans se prendre la tête, ça veut dire surtout boire quand vous avez soif, parce que la soif est un signal qui fonctionne. Pas besoin d'une grosse bouteille, d'une appli pour tout noter, ni d'une règle du genre huit verres par jour. Voici ce dont votre corps a vraiment besoin, comment savoir que vous en avez assez bu, et pourquoi tout cela est plus simple que ce que laisse croire internet.

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Un tas de légumes posés sur une table

Photo de Collab Media sur Unsplash

Boire de l'eau est devenu, on ne sait trop comment, un projet à part entière. Il y a des gourdes graduées à l'heure près, des applications qui vous relancent, des influenceurs qui exigent quatre litres par jour. Pour une chose que votre corps gère tout seul depuis toujours, ça fait beaucoup de bruit.

On aimerait baisser le volume. Votre corps sait vraiment gérer son eau. La soif est un signal fiable, et chez la plupart des personnes en bonne santé, elle fonctionne très bien. L'objectif n'est pas d'atteindre un chiffre magique. C'est de se sentir clair d'esprit, stable et bien, sans en faire un deuxième travail.

D'où vient la règle des « huit verres » ?

Le fameux conseil de boire huit verres d'eau par jour relève plus du folklore que de la science. Aucune recherche solide ne soutient ce chiffre précis, et il oublie une grande partie du tableau : vous recevez de l'eau bien au-delà de votre bouteille.

L'Académie nationale des sciences, de l'ingénierie et de la médecine des États-Unis propose un repère plus solide. Elle suggère un apport hydrique quotidien adéquat d'environ 13 tasses pour les hommes et 9 tasses pour les femmes. Mais voici ce qui change tout : ce total compte tous les liquides, pas seulement l'eau pure, et environ un cinquième provient de l'alimentation.

Le tableau est donc moins intimidant qu'il n'y paraît. Harvard Health souligne que pour beaucoup d'adultes en bonne santé, le besoin réel en eau pure se situe plutôt entre quatre et six tasses par jour, le reste arrivant par tout ce que vous mangez et buvez.

Ce n'est pas que l'eau du verre

C'est le détail qui fait discrètement disparaître la plupart des inquiétudes. L'hydratation vient de toute votre journée, pas d'une seule bouteille à vider.

L'alimentation fait un vrai travail ici. Les fruits et les légumes sont composés en grande partie d'eau. Salade, concombre, pastèque, oranges, fruits rouges, tomates, soupe, yaourt : tout cela s'ajoute à votre total. Une salade d'été et un fruit vous hydratent plus qu'on ne le croirait.

Et cette vieille inquiétude sur le café et le thé ? Surtout un mythe. Harvard Health et les chercheurs en nutrition de Harvard notent que les boissons caféinées vous laissent quand même en bilan hydrique positif. Oui, la caféine vous pousse un peu plus souvent aux toilettes, mais vous conservez bien plus d'eau que vous n'en perdez. Thé, café, lait, eau pétillante, l'eau contenue dans vos repas : tout compte dans le total.

L'eau pure reste la façon la plus simple, la moins chère et sans sucre de faire le plein, alors gardez-la comme réflexe par défaut. Sachez seulement qu'elle n'a pas à faire tout le travail seule.

Comment savoir, concrètement, si vous en avez assez ?

Oubliez les calculs. Votre corps vous donne deux indicateurs simples, et ils sont plus fiables que n'importe quel décompte.

La soif. C'est un signal honnête. Si vous n'avez pas souvent soif, il y a de fortes chances que tout aille bien. Buvez quand vous avez soif, et un peu à l'avance les jours de chaleur ou d'activité intense.

La couleur de vos urines. Ça peut paraître direct, mais c'est le test le plus pratique qui soit. Jaune pâle veut dire que vous êtes bien hydraté. Jaune foncé, c'est le signal de boire un peu plus. C'est tout le test, et vous pouvez le faire sans aucune application.

Une légère déshydratation a une façon de se déguiser en autre chose. Les chercheurs en nutrition de Harvard notent qu'elle peut se manifester par de la fatigue, des difficultés à se concentrer, une mémoire brumeuse, un mal de tête, ou simplement plus d'irritabilité que d'habitude. Alors si vous sentez un coup de mou l'après-midi, un verre d'eau est une première chose raisonnable à essayer avant de vous tourner vers un autre café.

Quand votre corps a-t-il besoin de plus ?

Le seuil augmente dans quelques situations bien identifiables. Rien de tout cela ne demande un tableau de calcul, juste un peu plus d'attention.

  • La chaleur. Un temps chaud et humide vous fait transpirer davantage, il faut donc compenser davantage.
  • L'exercice. Bouger et transpirer signifie boire plus avant, pendant et après. Pour les efforts longs et intenses, vous perdez aussi du sel, une séance d'endurance prolongée peut donc demander plus que de l'eau seule.
  • La maladie. Fièvre, vomissements et diarrhée font perdre du liquide rapidement. C'est là que devancer la soif compte vraiment.
  • La grossesse et l'allaitement. Les deux augmentent vos besoins en liquide.
  • L'âge. La sensation de soif a tendance à s'atténuer avec l'âge, les personnes âgées ont donc souvent intérêt à boire selon un rythme régulier plutôt que d'attendre d'avoir soif.

Quelques petites habitudes qui marchent vraiment

Aucune ne demande de suivi. C'est le genre de choses qu'on met en place une fois, puis qu'on oublie.

  1. Gardez de l'eau à portée de main : un verre sur le bureau, une bouteille dans le sac. La facilité l'emporte sur la discipline.
  2. Associez le fait de boire à des gestes déjà installés. Un verre à chaque repas, un autre en prenant un médicament, un autre en vous asseyant pour travailler.
  3. Si l'eau pure vous ennuie, ajoutez du citron, du concombre, de la menthe ou un peu de jus. L'eau pétillante compte aussi.
  4. Mangez votre eau. Ajoutez quelques fruits et légumes à votre journée, et vous voilà hydraté sans même y penser.
  5. Buvez un peu plus avant d'affronter la chaleur ou l'exercice, pas seulement une fois déjà assoiffé.

Peut-on boire trop d'eau ?

Oui, même si pour la plupart des gens, c'est rare et ne mérite pas qu'on s'en inquiète. Les reins gèrent une quantité impressionnante.

Le vrai risque vient du fait de forcer un très grand volume d'eau sur une courte période, plus vite que le corps ne peut l'éliminer. Cela peut diluer le sodium du sang, une condition appelée hyponatrémie, qui est dangereuse. Elle touche surtout les athlètes d'endurance extrême qui boivent trop pendant de longues courses, et c'est en partie pourquoi c'est justement un endroit où la pression du « quatre litres par jour » peut se retourner contre vous.

Autre point à part : certains problèmes de santé, notamment rénaux, cardiaques, hépatiques ou thyroïdiens, ainsi que certains médicaments, changent la quantité de liquide qui vous convient. Si un médecin vous a déjà dit de limiter les liquides, suivez ses recommandations plutôt que celles de n'importe quel article général, y compris celui-ci.

Pour presque tout le monde, le résumé est rassurant. Buvez quand vous avez soif. Jetez un œil à la couleur de temps en temps. Mangez vos fruits et légumes, savourez votre café, buvez un peu plus quand il fait chaud ou que vous bougez. Votre corps maintient son propre équilibre depuis toujours. La plupart du temps, il a juste besoin que vous arrêtiez d'y penser trop fort, et que vous lui tendiez un verre d'eau.

Sources

  1. Harvard Health Publishing, How much water should you drink?
  2. Harvard T.H. Chan School of Public Health, The Nutrition Source, Water
  3. Mayo Clinic, Water: How much should you drink every day?

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