Passer au contenu principal

UN AMOUR QUI DURE · COUPLE

Comment aborder la thérapie de couple avec votre partenaire

Aborder le sujet de la thérapie de couple avec votre partenaire se passe mieux un jour calme, en posant les choses comme « nous contre le problème ». Suggérer une thérapie peut sonner comme une accusation, même quand vous le proposez comme une invitation. Voici comment en parler d'une façon qui se ressent comme « je suis avec vous dans cette épreuve » plutôt que « c'est vous, le problème ».

Des outils gratuits, fondés sur des données probantes, pour le stress, le trop-plein, les relations, la santé et un leadership posé. Un projet de KEEP CALM Inc., un organisme à but non lucratif. 501(c)(3) · EIN 33-2117386 À propos

Un homme et une femme allongés sur un lit

Photo de Toa Heftiba sur Unsplash

Si vous traversez une crise ou si vous avez des pensées de vous faire du mal, vous n'êtes pas seul·e. Aux États-Unis, appelez ou envoyez un SMS au 988 (Suicide & Crisis Lifeline, 24h/24, 7j/7), envoyez HOME par SMS au 741741 (Crisis Text Line), ou appelez le 911 en cas d'urgence. Où que vous soyez dans le monde, findahelpline.com répertorie des lignes d'écoute gratuites et confidentielles dans votre propre pays et dans votre langue. Si vous êtes en danger immédiat, appelez le numéro d'urgence local.

Vous l'avez sans doute déjà répété dans votre tête. Peut-être sous la douche, ou en rentrant en voiture, ou allongé sans dormir pendant que l'autre dort à côté de vous. Vous voulez dire les mots « je pense qu'on devrait consulter quelqu'un », et à chaque fois que vous l'imaginez, vous voyez son visage se figer. La défense qui monte. La blessure. Le silence qui suit.

Alors vous ne le dites pas. L'idée retourne au placard, et les mêmes disputes continuent de tourner en boucle.

Voici ce qu'il faut savoir avant d'ouvrir la bouche : la gêne de cette première conversation est presque toujours plus petite que le coût de rester coincé. Et la façon dont vous l'abordez compte bien plus que de trouver les mots parfaits. Vous ne rendez pas un verdict. Vous demandez à votre partenaire de faire quelque chose de difficile, à vos côtés.

Pourquoi est-ce si chargé ?

Pour beaucoup de gens, « allons en thérapie » sonne comme « tu es cassé et j'ai décidé que c'est de ta faute ». Même dans une relation stable, la proposition peut être reçue comme une menace, un aveu que les choses vont plus mal que ce que votre partenaire pensait, ou la preuve d'un échec dans quelque chose auquel il ou elle tenait.

Cette réaction n'a généralement rien à voir avec la thérapie elle-même. C'est une question de peur. Peur que la relation aille plus mal qu'on ne le croyait. Peur d'être accusé. Peur de s'asseoir dans une pièce avec un inconnu et de s'entendre dire qu'on est le problème.

Le savoir aide, parce que cela vous indique votre rôle dans cette conversation. Votre rôle est de rendre l'idée rassurante. Pas de gagner un débat sur qui en a besoin.

Un changement de regard fait ici tout le travail. La thérapie de couple n'est pas une salle d'urgence où l'on ne va que lorsque la relation se vide de son sang. La Mayo Clinic le dit clairement : la thérapie conjugale aide les couples à reconnaître et à traverser les conflits, et demander de l'aide est en général plus efficace que d'ignorer les problèmes ou d'espérer qu'ils se résolvent d'eux-mêmes. Beaucoup de couples y vont alors que tout va plutôt bien, simplement parce qu'ils veulent mieux communiquer. Y aller tôt est un signe d'attention, pas un signe d'effondrement.

Choisissez le bon moment, puis les bons mots

Le moment compte pour moitié dans cette histoire. Ne lancez pas ce sujet en pleine dispute. Tout ce que vous direz pendant que l'un de vous est submergé d'adrénaline sera entendu à travers le pire filtre possible.

Attendez un moment calme, ordinaire. Une soirée tranquille. Une promenade. Un trajet en voiture, côte à côte plutôt que face à face, ce qui enlève un peu de pression. Vous voulez que son système nerveux soit stable avant de demander à son cœur d'être courageux.

Quand vous parlez, commencez par vous, pas par l'autre. La différence change tout :

  • Au lieu de « tu n'écoutes jamais et il faut qu'on règle ça », essayez « je me sens seul ces derniers temps, et notre proximité d'avant me manque ».
  • Au lieu de « tu as des problèmes de colère qu'il faut régler », essayez « je n'aime pas la façon dont je me referme quand on se dispute, et j'aimerais qu'on trouve une meilleure manière de faire ».
  • Au lieu de « il faut réparer cette relation », essayez « je t'aime, et je veux qu'on dure. Je pense qu'un peu d'aide extérieure pourrait nous rendre plus forts ».

Remarquez le schéma. Vous nommez votre propre ressenti et votre propre espoir. Vous vous mettez dans le cadre, au lieu de rester en dehors à pointer du doigt. Les chercheurs qui étudient les couples observent ces conversations depuis des décennies, et le constat reste le même : la même plainte n'a pas du tout le même effet selon qu'elle commence par un reproche ou par une vulnérabilité.

Présentez-le comme « nous contre le problème »

Le glissement discret qui change tout dans ces échanges, c'est de passer de « moi contre toi » à « nous contre cette chose difficile qu'on traverse ».

Quand vous dites « on reste coincés dans la même dispute et je déteste ça », vous placez la dispute d'un côté de la table et vous deux de l'autre. Vous n'êtes plus adversaires. Vous êtes deux personnes qui regardent ensemble un problème commun.

Ce cadrage n'est pas juste une astuce. Il reflète la façon dont fonctionne réellement une bonne thérapie de couple. La méthode Gottman, construite sur environ cinq décennies de recherche sur ce qui fait durer les relations, traite la plupart des conflits comme quelque chose à gérer ensemble plutôt que comme une compétition à gagner. Le rôle d'un thérapeute est moins d'arbitrer que d'aider les deux partenaires à construire leur amitié, à gérer les désaccords sans tout brûler, et à réparer les petites blessures avant qu'elles ne durcissent. Quand vous décrivez la thérapie ainsi à votre partenaire, vous décrivez un lieu où personne ne passe en jugement.

Il aide aussi d'être honnête sur le pourquoi, sans en rajouter. « Je veux faire ça parce que je t'aime et que je suis fatigué de me sentir loin de toi » est une raison à côté de laquelle votre partenaire peut se tenir. « Je veux faire ça à cause de tout ce que tu fais mal » est une raison qu'il ou elle combattra.

Et si votre partenaire hésite ?

Il y a de bonnes chances que votre première tentative reçoive un non, un mouvement de recul, ou un « on n'a pas besoin d'un inconnu dans nos affaires ». C'est normal. Essayez de ne pas le prendre comme une réponse définitive.

Quelques pistes qui aident souvent à faire baisser la résistance :

Restez curieux plutôt que d'insister

Si votre partenaire se referme, demandez ce qui se cache derrière. « Qu'est-ce qui t'inquiète dans cette idée ? » Vous découvrirez peut-être que l'objection est pratique (le coût, le temps, une mauvaise expérience passée) plutôt qu'un refus catégorique. Les gens se braquent quand ils se sentent poussés. Ils s'ouvrent quand ils se sentent écoutés.

Réduisez l'enjeu du premier pas

Personne n'a besoin de s'engager pour un an de thérapie dès mardi. Proposez d'essayer quelques séances et de voir comment ça se passe. Proposez de chercher quelqu'un ensemble, ou de vous occuper des recherches vous-même. Un essai est un oui bien plus petit qu'un projet pour la vie.

Nommez ce que vous espérez, pas seulement ce qui va mal

« Je veux retrouver la version légère et rieuse de nous » donne à votre partenaire quelque chose vers quoi avancer. Une liste de griefs ne lui donne qu'une position à défendre.

Et si la réponse reste non, il vous reste un choix que vous pouvez faire seul. Une thérapie individuelle pour vous est tout à fait légitime, et ce n'est pas un lot de consolation. Travailler sur votre propre façon d'être présent dans la relation peut changer toute la dynamique, parfois suffisamment pour que la conversation sur une thérapie à deux devienne plus facile ensuite.

Est-ce que ça marche vraiment ?

C'est une question légitime, et la réponse honnête est : souvent oui, même si ce n'est pas magique.

Une méta-analyse de 2019, regroupant 33 études et plus de 2 700 personnes, a montré que les approches les mieux fondées, la thérapie centrée sur les émotions et la thérapie comportementale de couple, apportaient des améliorations réelles de la satisfaction dans le couple juste après le traitement. La même recherche a aussi montré que ces bénéfices peuvent s'estomper l'année suivante si les couples retombent dans leurs vieilles habitudes. Le message honnête qu'on peut en tirer est à la fois encourageant et réaliste. La thérapie peut vraiment aider, et ce que vous continuez à pratiquer après fait partie de ce qui la rend durable.

C'est aussi une chose utile à dire à un partenaire sceptique. Vous ne promettez pas une solution miracle. Vous proposez un lieu pour apprendre des outils que vous garderez tous les deux.

Quelques pièges à éviter

Certaines approches ferment presque toujours la porte :

  • Poser un ultimatum (« la thérapie ou je pars ») à moins que ce ne soit vraiment votre position, auquel cas dites-le avec douceur et en pensant vraiment ce que vous dites.
  • Prendre le rendez-vous d'abord et l'annoncer ensuite. Cela peut ressembler à un piège.
  • Aborder le sujet pour gagner une dispute, comme une arme. « C'est exactement pour ça qu'on a besoin d'une thérapie », dit en pleine dispute, sera toujours reçu comme une attaque.
  • Diagnostiquer votre partenaire avec ce que vous avez lu en ligne. Vous êtes un partenaire, pas un clinicien.

Quand faut-il chercher de l'aide plus vite ?

Tout ce qui précède part du principe d'une relation tendue, distante ou bloquée, l'usure ordinaire qui fatigue les couples. La thérapie de couple est bien adaptée à ce cas de figure.

Certaines situations demandent plus qu'une conversation douce. S'il y a la moindre forme de violence dans la relation, physique, émotionnelle ou sexuelle, la thérapie de couple seule n'est pas le bon outil, et votre sécurité passe avant tout. Contacter une ressource dédiée aux violences conjugales ou un professionnel qui peut vous parler en privé est la meilleure étape à ce stade. Il en va de même si l'un de vous traverse seul quelque chose de lourd, comme une dépression, un problème de dépendance, ou des pensées de ne plus vouloir être là. Ces situations méritent un accompagnement propre, pas seulement un rendez-vous à deux.

Un thérapeute conjugal et familial agréé, votre médecin, ou la ligne santé mentale de votre assurance peuvent tous vous aider à trouver quelqu'un de sérieux. Vous n'avez pas besoin d'avoir les mots parfaits prêts, et vous n'avez pas besoin d'attendre que les choses deviennent graves. Se soucier suffisamment pour poser la question, c'est déjà la partie difficile, et vous en êtes clairement là. La prochaine conversation, c'est juste une phrase honnête, dite un jour calme, à quelqu'un que vous continuez de choisir.

Sources

  1. Mayo Clinic, Marriage counseling
  2. The Gottman Institute, The Gottman Method
  3. Journal of Marital and Family Therapy / PubMed, The Efficacy of Emotionally Focused Couples Therapy and Behavioral Couples Therapy: A Meta-Analysis

Gratuit, en 36 langues. Une association à but non lucratif, sans pub, sans paywall, et nous ne vendons jamais vos données.

Parcourir la bibliothèque Faire un don