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RELATIONS · UN AMOUR QUI DURE

Comment continuer à séduire votre partenaire après des années ensemble

Sortir avec son partenaire après des années de vie commune, c'est un travail modeste et répété : l'étincelle réagit comme un muscle, elle se travaille. L'excitation n'a pas à s'éteindre simplement parce que la relation est devenue familière. Voici ce qui fait vraiment que deux personnes continuent de se choisir, année après année, et comment recommencer, ce soir, là où vous en êtes.

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Un homme enlaçant une femme par-derrière près d'un escalier

Photo de andrew welch sur Unsplash

À un moment, sans qu'on sache trop quand, les rendez-vous ont cessé. Pas exprès. Personne ne l'a annoncé. La vie est simplement devenue plus bruyante, et les soirées qui vous appartenaient se sont remplies de tout le reste : les enfants, la boîte mail, la vaisselle, ce long soupir sur le canapé à la fin d'une journée qui a pris plus qu'elle n'a donné. Vous vous aimez encore. Vous le diriez sans hésiter. Mais vous auriez du mal à vous rappeler la dernière fois où vous vous êtes retrouvés face à face et où vous avez vraiment ressenti cette étincelle du début.

Si c'est là où vous en êtes, vous n'êtes pas en train d'échouer. Vous êtes normal. Les relations longues glissent vers le pilote automatique comme l'eau qui descend une pente. La bonne nouvelle, c'est que cette étincelle n'est pas une ressource qu'on épuise en avançant. C'est plutôt un muscle. Elle répond à l'usage.

Et le travail pour l'entretenir n'a rien de grandiose. C'est petit, ça se répète, et c'est bien plus faisable que le mot « romance » ne le laisse penser.

Pourquoi la familiarité ternit-elle l'éclat ?

Au début, une relation est une longue découverte. Chaque conversation révèle quelque chose. Chaque sortie est une petite aventure parce que vous la vivez avec quelqu'un de nouveau, et votre sens de qui vous êtes ne cesse de grandir pour lui faire de la place. Les psychologues qui étudient les couples ont un nom pour cette croissance. Ils l'appellent l'auto-expansion : ce sentiment de devenir une version plus grande, plus intéressante de vous-même grâce à la personne avec qui vous êtes.

Le problème, c'est que la découverte s'épuise. Après quelques années, vous vous êtes surtout appris l'un l'autre. Les histoires ont été racontées. La nouveauté qui portait tant au début quitte discrètement les lieux, et ce qui reste, c'est le confort. Le confort est merveilleux. Mais à lui seul, il est aussi un peu plat.

C'est le point à bien comprendre, parce qu'il change ce qu'on en fait. Cette platitude n'est pas le signe que vous vous êtes trompés de personne ou que l'amour s'est éteint. C'est une caractéristique prévisible du fait de bien connaître quelqu'un. Des chercheurs qui étudient le modèle de l'auto-expansion d'Arthur Aron ont constaté que les couples qui continuent à faire ensemble des choses nouvelles et un peu exigeantes rapportent plus de proximité et de satisfaction que ceux qui s'en tiennent à la même routine agréable. Autrement dit, la nouveauté peut être remise en circulation. L'éclat n'a pas disparu. Il attend simplement quelque chose de neuf à refléter.

Se remettre à sortir ensemble commence plus petit qu'on ne le croit

Quand les gens décident de « sortir de nouveau avec leur partenaire », ils imaginent en général une réservation. Une baby-sitter, une belle chemise, un restaurant avec des serviettes en tissu. Ces soirées comptent, on y reviendra. Mais si vous attendez la grande soirée, vous attendrez longtemps, et la relation, elle, se vit entre-temps.

C'est dans cet entre-temps que se joue l'essentiel du travail. John Gottman, qui a passé des décennies à observer de vrais couples dans un appartement de recherche équipé de caméras et de capteurs, a découvert que les couples qui s'épanouissent ne sont pas ceux qui multiplient les gestes spectaculaires. Ce sont ceux qui continuent à répondre aux petits signaux d'attention de l'autre, ceux qu'on remarque à peine. Il les appelle des tentatives (« bids ») : une remarque sur le temps qu'il fait, une main sur l'épaule, « viens voir ça », un soupir auquel on peut choisir de prêter attention ou pas. Chacune est un petit coup discret à la porte. *Êtes-vous là ? Me voyez-vous ?*

Les chiffres sont frappants. Dans ses études, les couples encore heureux ensemble six ans plus tard s'étaient tournés vers ces tentatives environ 86 % du temps. Ceux qui s'étaient séparés ne l'avaient fait que 33 % du temps. La différence entre un mariage qui dure et un mariage qui se termine se joue souvent dans ces instants minuscules, vite oubliés, pas dans les anniversaires.

Alors avant de prévoir quoi que ce soit, commencez ici :

  • Quand votre partenaire dit quelque chose, même anodin, levez les yeux de votre téléphone et répondez comme si ça comptait. Parce que ça compte. C'est tout le muscle, là, en entier.
  • Posez une vraie question par jour, celle qu'on poserait lors d'un premier rendez-vous. « Quel a été le meilleur moment de votre journée ? » fonctionne. « Ça va, et vous ? » non.
  • Touchez-vous au passage. Une main dans le dos, un baiser qui dure un instant de plus que le baiser d'au revoir habituel.

Rien de tout cela ne coûte de l'argent ni du temps que vous n'avez pas. C'est une réorientation. Vous arrêtez de traiter votre partenaire comme un meuble croisé mille fois sans le voir, et vous vous remettez à y prêter attention, comme à quelqu'un qui mérite d'être remarqué de nouveau.

Construisez le rendez-vous autour de la nouveauté, pas seulement de l'agréable

Quand vous sortez enfin le soir, résistez à l'attrait de l'habitude. Le même restaurant, les deux mêmes sujets, la même place de parking. Il n'y a rien de mal à une valeur sûre confortable, mais une valeur sûre confortable entretient surtout. Elle allume rarement une étincelle.

Ce qui allume une étincelle, c'est de faire quelque chose qu'aucun de vous deux n'a fait. La recherche sur l'auto-expansion est particulièrement concrète sur ce point : les activités partagées un peu nouvelles et un peu exigeantes font plus pour la proximité que les activités simplement agréables. Le léger embarras d'être débutants ensemble, de rire de sa propre maladresse, recrée un fragment de ces premiers jours où tout était neuf.

Pas besoin d'un gros budget ni d'un passeport. Quelques idées à piquer :

  1. Suivez un cours dans lequel vous seriez tous les deux un peu mauvais. Poterie, technique de cuisine, danse, tir à l'arc. L'incompétence partagée, c'est le but.
  2. Soyez touristes dans votre propre ville. Choisissez un quartier où vous n'allez jamais et marchez-y, tout simplement. Trouvez le musée étrange, le petit restaurant caché avec la file d'attente devant.
  3. Échangez les rôles : que chacun organise à tour de rôle une sortie surprise dont l'autre ne sait rien. Découvrir un nouveau visage de quelqu'un qu'on pensait connaître par cœur, c'est déjà un petit frisson.
  4. Bougez, quand vous le pouvez. Une randonnée, du kayak, une longue balade à vélo. Un peu d'adrénaline partagée ressemble beaucoup, pour le cerveau, à de l'enthousiasme l'un pour l'autre.

Le but n'est pas de fabriquer des feux d'artifice sur commande. C'est de continuer à donner à la relation de la matière nouvelle, pour vous redécouvrir l'un l'autre au lieu de simplement confirmer ce que vous savez déjà.

Protégez ce temps, sinon il disparaît

Voici la vérité inconfortable derrière toutes ces bonnes intentions. Si vous laissez faire, en attendant que l'envie vous prenne à tous les deux en même temps, ça n'arrivera pas. Le temps qu'on ne défend pas est pris par celui qui le réclame en premier, et ceux qui le réclament en premier, ce sont d'habitude les enfants, le patron et le téléphone. Votre relation est la seule partie de votre vie qui n'envoie presque jamais d'invitation dans l'agenda. Alors c'est à vous de l'envoyer.

Cela paraît aussi romantique qu'un rendez-vous chez le dentiste, et beaucoup de gens résistent pour cette raison précise. Programmer l'amour donne l'impression d'avouer qu'il s'est refroidi. Ce n'est pas le cas. Un rendez-vous fixe, même modeste, est simplement une clôture autour de quelque chose que vous avez décidé de garder. Quelques façons de la faire tenir :

  • Choisissez un créneau régulier et traitez-le comme un engagement que vous ne lâcheriez jamais pour quelqu'un d'autre. Le même soir chaque semaine ou toutes les deux semaines, bloqué dans les deux agendas, défendu.
  • Baissez la barre pour que ça survive à une semaine difficile. Une marche après le dîner compte. Un café le samedi matin avant que la maison ne se réveille compte aussi. Ce qui importe, c'est l'heure protégée, pas la mise en scène.
  • Fixez une petite règle sur les téléphones. Ils vont dans un tiroir, écran contre la table, en silencieux, pour toute la durée. Une heure de vraie attention vaut mieux que trois heures de présence à moitié.
  • Échangez la garde des enfants avec une autre famille, ou partagez une baby-sitter, pour que le coût et la logistique cessent d'être la raison pour laquelle ça s'annule toujours.

Les couples qui continuent à sortir ensemble ne sont pas ceux qui ont plus de temps libre. Ce sont ceux qui ont décidé que cette heure n'était pas négociable, et qui ont agi en conséquence.

Dites les choses silencieuses à voix haute

Il reste un dernier point, et c'est le plus facile à sauter, parce qu'il semble presque trop simple pour qu'on s'y arrête. Dites à votre partenaire ce que vous appréciez chez elle ou chez lui. Précisément. À voix haute. Souvent.

Les couples de longue date glissent vers un étrange silence sur ce qui va bien. On remarque la serviette tombée par terre, et on le fait remarquer. On remarque le café que votre partenaire vous a apporté, la façon dont il ou elle a géré un appel difficile, le simple fait qu'il ou elle soit encore là, et on ne dit rien, parce que c'est attendu, et que ce qui est attendu ne se dit pas. C'est une fuite lente et discrète.

Les chercheurs qui étudient la gratitude dans les relations ont découvert que la reconnaissance des petites choses du quotidien agit comme un rappel de vaccin. Dans une étude bien connue, les personnes qui ressentaient et exprimaient de la gratitude pour des gentillesses ordinaires se sentaient plus proches de leur partenaire dès le lendemain, et leur partenaire aussi, de son côté. D'autres travaux ont montré que les couples ont tendance à sous-estimer à quel point leur partenaire leur est réellement reconnaissant. La chaleur est souvent bien là. Elle n'est simplement jamais dite, alors personne ne la ressent.

Essayez de combler cet écart, exprès. Quand votre partenaire fait quelque chose de prévenant, nommez-le. « Merci d'avoir géré le coucher des enfants, j'en avais vraiment besoin. » Quand vous vous surprenez à l'admirer de l'autre côté de la pièce, dites-le plus tard. Les premières fois, ça mettra un peu à nu. Faites-le quand même. Vous n'énoncez pas une évidence. Vous offrez à quelqu'un la preuve qu'on le voit encore.

Et si la distance semble trop grande pour qu'un rendez-vous suffise ?

Toutes les périodes de sécheresse ne sont pas de simples passages à vide. Parfois la déconnexion est plus large, plus ancienne, et quelques bons dîners n'y changeront rien. Si vous et votre partenaire vous sentez plus comme des colocataires que comme un couple, si les conversations finissent toujours par la même dispute ou par un silence prudent, si un ressentiment s'accumule depuis des années, ce sont des choses réelles, qui méritent une vraie attention.

Ce n'est pas le signe que la relation est vouée à l'échec. C'est le signe qu'elle a besoin de plus que ce que deux personnes peuvent démêler seules. Un thérapeute de couple n'est pas un dernier recours avant la fin. Beaucoup de couples solides en consultent un comme on verrait un entraîneur, pour apprendre des outils et évacuer ce qui s'est discrètement accumulé. Si faire cette démarche à deux semble trop lourd pour l'instant, parler seul à un thérapeute de ce que vous ressentez est un point de départ tout à fait valable.

Et si un aspect de votre relation vous fait un jour sentir de la peur, du contrôle ou de l'insécurité, cela dépasse le cadre d'une soirée en amoureux, et cela mérite le soutien de quelqu'un formé pour vous aider à y voir clair. Chercher ce genre d'aide est l'une des choses les plus courageuses qu'on puisse faire.

Mais pour la plupart des couples, la distance est du genre ordinaire : la lente dérive de deux personnes occupées qui ont cessé de faire attention. Ce genre-là se rattrape. Il cède devant un effort petit et régulier. Vous n'avez pas à retrouver exactement ce que vous aviez au début. Vous pouvez construire quelque chose que la version des débuts ne pouvait pas atteindre : la proximité particulière de deux personnes qui se sont accompagnées à travers les années et qui, ce soir encore, choisissent de se tourner l'une vers l'autre.

Commencez par une question, ce soir, à table. Voyez où ça mène.

Sources

  1. The Gottman Institute, Want to Improve Your Relationship? Start Paying More Attention to Bids
  2. PubMed Central, Planning date nights that promote closeness: The roles of relationship goals and self-expansion
  3. Greater Good Science Center (UC Berkeley), It's the Little Things: Everyday Gratitude as a Booster Shot for Romantic Relationships
  4. PubMed Central, Understanding the Links Between Perceiving Gratitude and Romantic Relationship Satisfaction

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