Il y a une façon de suivre ses progrès qui fait du bien. Vous remarquez que cette marche qui vous essoufflait avant se fait maintenant sans effort, et cela donne envie de continuer. Et il y a une façon qui fait mal. Vous montez sur la balance, le chiffre grimpe d'une livre, et toute la journée s'assombrit avant même votre café.
Même habitude. Deux résultats très différents. La différence tient souvent à ce que vous mesurez et à la fermeté avec laquelle vous vous y accrochez.
Si vous bougez en partie pour vous sentir plus stable et plus calme, la dernière chose dont vous avez besoin, c'est d'un suivi qui remet votre humeur entre les mains d'un chiffre. Alors faisons en sorte que le suivi travaille pour vous, et non l'inverse.
La balance raconte une petite histoire, pleine de bruit
Le poids varie chaque jour pour des raisons qui n'ont rien à voir avec la graisse. L'eau, le sel, le sommeil, les hormones, l'heure à laquelle vous vous êtes pesé, le fait d'être passé ou non aux toilettes. Le chiffre d'un seul matin peut varier de deux ou trois livres et ne rien vouloir dire. Si vous avez commencé la musculation, il se peut même que vous preniez un peu de poids alors que vos vêtements vous vont mieux, parce que le muscle est plus dense.
La balance n'est pas inutile. C'est juste une voix discrète dans une conversation bien plus vaste, et elle ne devrait pas avoir le droit de crier plus fort que les autres.
De meilleures choses à mesurer
La forme physique offre des signaux plus honnêtes que le poids, et la plupart d'entre eux font plaisir à voir progresser. La Mayo Clinic regroupe la condition physique générale en quelques domaines qui méritent votre attention : la façon dont votre cœur et vos poumons gèrent l'effort, la force et l'endurance de vos muscles, la souplesse de vos articulations, et votre composition corporelle. Vous pouvez suivre tout cela sans jamais monter sur une balance.
- Ce que vous êtes capable de faire. Comptez vos pompes avant de vous arrêter. Chronométrez une marche ou un jogging sur un parcours fixe. Remarquez le sac de courses le plus lourd que vous pouvez monter dans les escaliers sans faire de pause. Ce sont des progrès que vous pouvez sentir.
- Comment l'effort se ressent. Un escalier qui vous essoufflait et qui ne vous essouffle plus, c'est un vrai progrès cardiovasculaire. Le test de la parole est un repère simple : pendant un effort modéré, vous pouvez parler mais pas chanter.
- Le rythme cardiaque au repos. Mesuré au réveil, il a tendance à baisser doucement à mesure que votre cœur se renforce. C'est un repère discret, mais utile.
- Le reste de votre vie. Un meilleur sommeil. Plus de patience. Une énergie plus stable à 15 heures. L'esprit plus clair après une marche. Ce sont les vraies raisons qui poussent la plupart des gens à commencer, et elles comptent comme des progrès, même quand aucun chiffre ne bouge.
Faites le point de temps en temps, pas sans arrêt
La forme physique évolue lentement, et la surveiller de trop près ne fait que nourrir l'anxiété. La Mayo Clinic conseille de prendre vos mesures environ six semaines après avoir commencé, puis seulement de temps à autre. Tout est dans cet espacement. Six semaines, c'est assez long pour qu'un vrai changement se voie, et assez rare pour que vous arrêtiez de lire le bruit du quotidien comme s'il voulait dire quelque chose.
Si vous aimez les chiffres, un carnet ou une application toute simple suffit. Les outils de suivi enregistrent bien l'allure, la distance et le nombre de pas, et voir une série de jours réussis peut réellement motiver. Gardez-les comme un miroir, pas comme un juge.
Quand le suivi se retourne-t-il contre vous ?
Mesurer devrait être au service de votre vie, pas la diriger. Voici quelques signes, en toute honnêteté, que la bascule a eu lieu :
- Le chiffre décide de votre humeur pour toute la journée.
- Vous vous pesez ou vous mesurez plusieurs fois par jour, ou vous ne pouvez pas sauter un jour sans angoisse.
- Vous vous punissez, par de l'exercice supplémentaire ou des repas sautés, pour un « mauvais » résultat.
- Le suivi n'est plus une information, c'est devenu un verdict sur le fait que vous alliez bien ou non.
Si cela vous semble familier, il vaut la peine de prendre du recul, de ranger la balance dans un placard pour un temps, et de vous tourner vers ce que vous ressentez et ce que vous êtes capable de faire. Et si les pensées sur le poids, la nourriture ou l'exercice sont devenues envahissantes, insistantes ou difficiles à maîtriser, c'est une chose réelle et courante, et un médecin ou un thérapeute peut vraiment vous aider. Demander de l'aide n'est pas une réaction excessive. C'est simplement prendre soin de vous.
La plupart des progrès ne s'annoncent pas. Ils prennent la forme d'une côte devenue plus facile, d'une nuit où vous avez enfin bien dormi, d'une humeur qui a tenu bon dans une journée difficile. Apprenez à compter cela, et vous aurez une mesure qui vous dit vraiment la vérité.
Sources
- Mayo Clinic, Quelle est votre forme physique ? Faites le point
- Harvard Health Publishing, Les trackers d'activité aident-ils vraiment à bouger plus ?
- Centers for Disease Control and Prevention, Comment mesurer l'intensité de l'activité physique