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DÉVELOPPEMENT PERSONNEL · PLEINE CONSCIENCE

Ce qu'est vraiment la pleine conscience

Retirez les bougies et les applications, et la pleine conscience est quelque chose de plus simple et de plus utile que ne le suggère le marketing. Voici ce qu'elle signifie réellement, ce qu'elle fait à un esprit affairé, et comment commencer sans rester assis en tailleur pendant une heure.

Des outils gratuits, fondés sur des données probantes, pour le stress, le trop-plein, les relations, la santé et un leadership posé. Un projet de KEEP CALM Inc., un organisme à but non lucratif. 501(c)(3) · EIN 33-2117386 À propos

Homme en t-shirt noir à col rond assis dans un fauteuil en cuir noir

Photo de Jan Kopřiva sur Unsplash

À force d'être utilisé pour vendre à peu près tout, mindfulness apps, mindful eating, mindful leadership, ce mot finit par sembler vide. Et pourtant, sous tout ça, il y a une pratique bien réelle et plutôt ordinaire. Autant savoir ce qu'elle est vraiment avant de décider si elle est pour vous.

Voici l'essentiel. La pleine conscience, c'est prêter attention à ce qui se passe maintenant, volontairement, sans se précipiter à en juger. C'est toute l'idée. Vous remarquez votre respiration, ou la chaise sous vous, ou la pensée qui vient de traverser votre esprit, et vous la remarquez telle qu'elle est, sans décider tout de suite que c'est bien, que c'est mal, ou que c'est un problème à régler. Le National Center for Complementary and Integrative Health, qui fait partie des National Institutes of Health américains, décrit le cœur de la pratique ainsi : garder son attention sur le moment présent sans porter de jugement dessus.

Remarquez ce que cette définition ne dit pas. Elle n'exige pas le silence. Elle n'exige pas de vider son esprit, ce qui est de toute façon impossible. Elle n'exige ni coussin particulier, ni heure de libre, ni croyance précise. La pratique est ancienne, avec des racines vieilles de plusieurs milliers d'années dans des traditions contemplatives, mais ce qui est étudié aujourd'hui dans les cliniques en est une version dépouillée et laïque : une compétence d'attention qui s'entraîne.

Qu'est-ce que ce n'est pas ?

Quelques idées reçues freinent les gens avant même qu'ils commencent. Autant les écarter tout de suite.

La pleine conscience ne consiste pas à arrêter vos pensées. Votre esprit continuera d'en produire tout du long, comme votre cœur continue de battre. La pratique n'est pas le silence. C'est remarquer que vous vous êtes égaré dans une pensée, puis revenir doucement. Ce mouvement de remarquer, puis de revenir, c'est l'exercice lui‑même. Ce n'est pas une interruption de l'exercice, c'est l'exercice.

Ce n'est pas non plus de la positivité forcée. Personne ne vous demande de vous sentir calme ou reconnaissant sur commande. Vous avez le droit de remarquer que vous êtes anxieux, ennuyé, agacé, ou vide. La compétence consiste à observer ce que vous ressentez sans y ajouter une deuxième histoire par‑dessus. Il y a le sentiment, et puis il y a tout ce qu'on ajoute : « je ne devrais pas ressentir ça », « ça ne finira jamais », « qu'est‑ce qui ne va pas chez moi ». La pleine conscience agit sur cette deuxième couche.

Et ce n'est pas exactement de la relaxation, même si elle peut vous laisser plus calme. Parfois, porter une attention précise à ce que vous vivez est inconfortable. C'est normal. Le but n'est pas d'atteindre un sentiment précis. C'est d'avoir une relation plus claire avec ce qui se présente, quel qu'il soit.

Pourquoi un esprit qui vagabonde complique-t-il les choses ?

Pensez à la façon dont un état anxieux ou un moral bas fonctionne vraiment. Ce n'est presque jamais une seule pensée nette. C'est une boucle. Vous rejouez une conversation, puis vous imaginez la suivante, puis vous revenez rejouer la première. Les psychologues appellent la version tournée vers le passé la rumination, et la version tournée vers l'avenir l'inquiétude. Les deux ont un point commun : vous avez complètement quitté le moment présent pour aller habiter une pensée.

La pleine conscience entraîne le geste précis qui casse cette boucle. Vous apprenez à vous surprendre en pleine spirale et à remarquer, tiens, je recommence, puis à ramener votre attention vers quelque chose de réel et de présent : votre souffle, vos pieds, les sons dans la pièce. Vous ne discutez pas avec la pensée, vous n'essayez pas de la battre. Vous déclinez simplement l'invitation à continuer de la suivre.

Les recherches vont dans ce sens. L'American Psychological Association renvoie à des synthèses portant sur plus de deux cents études menées auprès d'adultes en bonne santé, où les approches fondées sur la pleine conscience se sont montrées particulièrement utiles pour réduire le stress, l'anxiété et la dépression. Les chercheurs ont aussi trouvé des preuves modérées que les personnes formées à ces méthodes restent mieux ancrées dans le présent et ruminent moins une pensée négative encore et encore. Le mécanisme n'a rien de magique. C'est la même petite compétence, exercée assez de fois pour qu'elle finisse par s'activer toute seule.

Les preuves sont-elles solides ?

Autant être honnête, car la pleine conscience est parfois survendue. Ce n'est pas un remède à tout, et les études ne prétendent pas cela.

Là où les preuves sont vraiment solides, c'est pour le stress, l'anxiété et la dépression. Une grande analyse soutenue par les NIH a examiné 142 groupes de personnes avec des troubles diagnostiqués, plus de douze mille participants au total, et a montré que les approches fondées sur la pleine conscience faisaient mieux que l'absence de traitement, et fonctionnaient à peu près aussi bien que d'autres thérapies établies pour l'anxiété et la dépression. C'est un résultat qui compte. Il place la pleine conscience dans la catégorie des outils réels, pas des accessoires de bien‑être.

Cela ne veut pas dire que la pleine conscience remplace un traitement. Elle fonctionne le mieux comme une partie d'une approche plus large, à côté d'une thérapie, d'un médicament, ou des deux selon ce que vous traversez. Voyez‑la comme une compétence qui vient soutenir vos soins, pas comme un substitut à ces soins.

Une première pratique, plus courte que vous ne l'imaginez

Vous n'avez pas besoin de vingt minutes ni d'une pièce silencieuse pour commencer. Il vous faut environ soixante secondes et un peu de patience face à l'ennui. Essayez ceci :

  1. Asseyez‑vous ou restez debout, comme vous êtes. Laissez vos yeux se fermer, ou posez‑les doucement sur un point devant vous.
  2. Trouvez votre souffle. Ne le changez pas, repérez‑le simplement, là où vous le sentez le plus clairement : le nez, la poitrine, le ventre.
  3. Suivez une inspiration complète, puis une expiration complète, avec votre attention. C'est tout.
  4. Votre esprit va s'égarer, probablement en quelques secondes. Au moment où vous le remarquez, vous avez réussi. Ce fait de remarquer, c'est la compétence.
  5. Sans vous gronder, ramenez votre attention vers le souffle suivant. Puis le suivant.
  6. Faites cela pendant une minute. Puis reprenez votre journée.

Si même une minute à observer votre souffle vous agace, ancrez‑vous ailleurs. La sensation de vos pieds sur le sol. La température de l'air. Les sons que vous entendez sans effort. Le souffle n'a rien de spécial en soi. L'important, c'est d'avoir une chose présente à laquelle revenir quand l'esprit s'échappe.

L'intégrer dans une journée ordinaire

La pratique formelle, c'est la version salle de sport. Mais vous pouvez entraîner le même muscle en mouvement. Choisissez une chose que vous faites déjà par habitude, et faites‑la avec toute votre attention, du début à la fin. Faire la vaisselle. Les premières gorgées de café. Le trajet de la voiture jusqu'à la porte. Remarquez la chaleur, le poids, le son, les pas. Quand votre esprit s'en va, ramenez‑le. Répété plusieurs fois par jour, ces petits fragments s'additionnent, et ils ne coûtent rien.

Quelques précautions honnêtes

La pleine conscience présente peu de risques pour la plupart des gens, mais elle n'est pas sans risque, et les chercheurs le disent clairement. Dans une synthèse, environ huit pour cent des participants ont rapporté une expérience négative liée à la méditation, un taux proche de celui observé avec les thérapies par la parole. Les effets les plus fréquents étaient une hausse de l'anxiété ou une baisse du moral.

Cela compte pour un groupe en particulier. Pour certaines personnes, en particulier celles qui portent un traumatisme, tourner l'attention vers l'intérieur et rester avec des sensations internes peut réveiller de la détresse plutôt que l'apaiser. Si c'est votre cas, vous ne vous y prenez pas mal, et il n'y a rien de cassé chez vous. C'est une réaction réelle et connue. Des séances plus courtes, les yeux ouverts, un ancrage extérieur comme un son, ou le fait de laisser complètement de côté l'attention au souffle, peuvent aider. Travailler avec un thérapeute formé aux approches sensibles au trauma, capable d'ajuster le rythme pour vous, peut aider aussi.

Plus largement, si votre inquiétude, votre tristesse ou votre stress sont assez lourds pour perturber votre sommeil, votre travail, ou les personnes que vous aimez, n'attendez pas qu'une pratique de méditation règle cela. Parlez‑en à un médecin ou à un professionnel de la santé mentale. La pleine conscience peut accompagner ces soins de façon stable. Elle n'a jamais été faite pour les remplacer.

Commencez petit. Un seul souffle, auquel on prête attention volontairement, est une pratique complète en soi. Tout le reste n'en est qu'un prolongement.

Sources

  1. National Center for Complementary and Integrative Health, Meditation and Mindfulness: Effectiveness and Safety
  2. National Center for Complementary and Integrative Health, 8 Things to Know About Meditation and Mindfulness
  3. American Psychological Association, Mindfulness meditation: A research-proven way to reduce stress

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